Électrique ou gaz : la question revient chaque hiver, mais les réponses génériques ne servent à rien. Ce qui compte en 2026, c'est le coût réel par m² chauffé, selon votre logement et votre système de chauffage. Ce calcul change tout, et il dépend d'un paramètre souvent oublié : l'isolation.
Les prix de l'énergie en 2026 : le contexte
En 2026, le tarif réglementé de l'électricité (option Base) oscille autour de 0,25 à 0,27 €/kWh TTC. Le tarif réglementé du gaz naturel tourne autour de 0,12 à 0,14 €/kWh TTC. Le gaz reste donc environ deux fois moins cher au kWh que l'électricité. Après la fin progressive du bouclier tarifaire entre 2023 et 2024, les deux énergies sont revenues à des niveaux de marché. La volatilité des prix du gaz reste plus marquée, exposée aux aléas des marchés internationaux, tandis que le tarif de l'électricité évolue deux fois par an sur décision de la CRE. Mais ce chiffre brut ne suffit pas : ce qui compte, c'est l'efficacité du système de chauffage installé.
Le face-à-face chiffré : coût annuel par m²
Trois systèmes dominent le marché résidentiel, avec des performances très différentes selon l'isolation du logement :
| Système de chauffage | Logement bien isolé (80 kWh/m²/an) | Logement mal isolé (180 kWh/m²/an) |
|---|---|---|
| Convecteur électrique (direct) | 20 à 22 €/m²/an | 45 à 50 €/m²/an |
| Chaudière gaz à condensation | 11 à 13 €/m²/an | 25 à 28 €/m²/an |
| Pompe à chaleur air/eau (COP ≈ 3) | 7 à 9 €/m²/an | 15 à 18 €/m²/an |
Hypothèses : électricité à 0,26 €/kWh, gaz à 0,13 €/kWh, rendement chaudière condensation 95 %, COP PAC = 3. Abonnements non inclus (100 à 200 €/an pour l'électricité, 230 à 280 €/an pour le gaz).
Le convecteur électrique simple est le chauffage le plus coûteux à l'usage, jusqu'à quatre fois plus cher qu'une pompe à chaleur dans un logement mal isolé. La pompe à chaleur est la grande gagnante en coût de fonctionnement, à condition que l'installation soit de qualité et le logement suffisamment isolé.
Par profil : qui a vraiment intérêt à quoi ?
Vous êtes locataire en appartement
Vous n'avez pas la main sur le système de chauffage. Si votre logement est équipé de convecteurs électriques, le coût peut peser lourd. Un simple programmateur ou une tête thermostatique connectée peut réduire la consommation de 10 à 15 % sans travaux. Parler à votre bailleur d'une mise à niveau DPE peut débloquer des travaux financés, notamment dans le cadre de la loi Climat et Résilience.
Vous êtes propriétaire d'une maison construite avant 1990
C'est le profil où le choix est le plus stratégique. Une chaudière gaz à condensation existante reste moins chère à l'usage qu'un chauffage électrique direct. Mais installer une pompe à chaleur, avec les aides MaPrimeRénov' disponibles en 2026, peut ramener le coût annuel en dessous de 10 €/m². L'investissement initial (8 000 à 15 000 € pour une PAC air/eau, avant aides) s'amortit en 5 à 10 ans selon les profils et le niveau d'aide obtenu.
Vous habitez un appartement récent (RT 2012 ou RE 2020)
Les besoins en chauffage sont très faibles (50 à 70 kWh/m²/an). Le chauffage électrique direct redevient compétitif : le surcoût par rapport au gaz reste limité, et vous évitez l'abonnement gaz (230 à 280 €/an) ainsi que les frais d'entretien annuel de chaudière (100 à 200 €/an). Le bilan total peut même pencher en faveur de l'électrique dans ce cas.
Les aides à la rénovation en 2026 : un levier décisif
MaPrimeRénov' reste la principale aide en 2026 pour l'installation d'une pompe à chaleur :
- Ménages modestes et très modestes : jusqu'à 70 % du coût des travaux pris en charge
- Ménages intermédiaires : de l'ordre de 40 à 50 %
- Ménages aisés : aide réduite, mais les CEE (Certificats d'Économie d'Énergie) sont souvent cumulables
L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) permet de financer le reste à charge jusqu'à 50 000 € sans intérêt. À l'inverse, aucune aide nationale ne subventionne plus une nouvelle chaudière gaz depuis 2023. Le gaz est en sortie de route réglementaire dans les logements neufs depuis 2022.
Les vrais inconvénients à ne pas ignorer
Côté gaz : l'entretien annuel obligatoire (100 à 200 €) et le remplacement éventuel de la chaudière (3 000 à 6 000 €) pèsent sur le budget. La trajectoire des prix du gaz reste incertaine et exposée aux marchés internationaux.
Côté électricité directe : en cas de vague de froid, la facture peut exploser dans un logement peu isolé. Les offres heures creuses/heures pleines peuvent néanmoins réduire la facture si votre usage de chauffage se concentre la nuit (planchers chauffants, radiateurs à accumulation). Sans isolation suffisante, aucun système ne sera vraiment économique.
Côté PAC : l'installation nécessite de la place (unité extérieure) et les performances chutent par grand froid (en dessous de -10 °C environ). Dans les zones de montagne, une solution d'appoint reste souvent nécessaire. Par ailleurs, la qualité de l'installation est déterminante : une PAC mal dimensionnée ou mal posée peut faire grimper la facture.
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