PER, plan épargne retraite : avantages fiscaux et choix

Déduire ses versements de ses revenus imposables tout de suite : voici comment fonctionne le PER et comment choisir le bon contrat.

PER, plan épargne retraite : avantages fiscaux et choix

Créé en 2019 pour remplacer le PERP, le Madelin et le PERCO, le Plan Épargne Retraite (PER) permet de déduire vos versements volontaires de votre revenu imposable chaque année. Il offre à la fois une réduction d'impôt immédiate et une sortie flexible à la retraite, en rente, en capital ou les deux.

Comment fonctionne le PER ?

Le PER est un compte d'épargne bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas légaux de déblocage anticipé. Vous choisissez librement les montants versés et les supports : fonds euros sécurisés ou unités de compte plus dynamiques. À la liquidation, vous optez pour une rente viagère, un capital, ou une combinaison des deux.

L'avantage fiscal : combien peut-on économiser ?

Chaque euro versé sur un PER individuel est déductible du revenu imposable. L'économie réelle dépend de votre taux marginal d'imposition (TMI). À titre d'illustration :

  • Pour un revenu annuel net de 40 000 € (TMI 30 %), un versement de 2 000 € représente environ 600 € d'impôt en moins.
  • Pour un revenu annuel net de 70 000 € (TMI 41 %), un versement de 5 000 € peut faire économiser environ 2 050 €.
  • Les travailleurs non-salariés (TNS) disposent d'un plafond plus élevé, issu des anciennes règles Madelin.

En dessous de la tranche à 11 %, le gain fiscal est limité et d'autres placements peuvent être plus adaptés.

Les plafonds de déduction en 2026

Pour les salariés, le plafond annuel correspond à 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, dans la limite de 8 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). En 2026, le PASS est de l'ordre de 47 600 €, ce qui porte le plafond maximum à environ 38 000 € par an.

Les plafonds non utilisés lors des trois années précédentes sont reportables. Le montant disponible figure directement sur votre avis d'imposition, rubrique "plafonds épargne retraite".

Les trois compartiments du PER

Un PER peut comporter jusqu'à trois poches, selon l'origine des sommes :

  • Le compartiment individuel (anciennement PERP/Madelin) reçoit vos versements volontaires. C'est le plus courant pour les particuliers.
  • Le compartiment collectif (anciennement PERCO) est alimenté par l'épargne salariale : intéressement, participation, abondement employeur.
  • Le compartiment obligatoire (anciennement article 83) regroupe les versements imposés dans le cadre de certains dispositifs d'entreprise.

La fiscalité à la sortie

Ce que vous déduisez à l'entrée est partiellement imposé à la sortie : c'est le principe du différé fiscal. À la retraite, les versements volontaires déduits sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Les plus-values supportent les prélèvements sociaux à 17,2 %. L'opération reste avantageuse si votre TMI à la retraite est inférieur à celui de votre vie active, ce qui est fréquent pour les cadres et les professions libérales.

Quand peut-on débloquer son PER ?

L'épargne est en principe bloquée jusqu'à la liquidation de vos droits à la retraite. La loi prévoit cinq cas de sortie anticipée :

  • achat de la résidence principale (uniquement pour les versements volontaires)
  • invalidité de 2e ou 3e catégorie, qu'il s'agisse de vous, de votre conjoint ou de vos enfants
  • décès du conjoint ou du partenaire de PACS
  • expiration des droits à l'assurance chômage
  • situation de surendettement reconnue

Comment choisir son PER en 2026 ?

Si votre employeur propose un PER collectif avec abondement, commencez par là : c'est un complément de rémunération défiscalisé à ne pas négliger. Pour un PER individuel, les frais de gestion font la différence sur la durée. Les contrats disponibles en ligne affichent généralement entre 0,5 % et 1 % par an, contre 1,5 % à 3 % dans certains réseaux bancaires traditionnels. Sur 20 ans, un écart de 1 % annuel peut représenter plusieurs milliers d'euros de moins sur votre capital final. Retrouvez nos comparatifs dans notre espace dédié aux placements et à l'épargne.

Questions fréquentes

Peut-on ouvrir un PER sans être imposable ?

Oui, mais l'avantage fiscal est limité si vous ne payez pas d'impôt sur le revenu. Dans ce cas, il est souvent préférable de renoncer à la déduction à l'entrée : vous bénéficierez alors d'une fiscalité allégée à la sortie, seules les plus-values étant soumises aux prélèvements sociaux.

Le capital versé sur un PER est-il garanti ?

Cela dépend des supports choisis. Le fonds en euros garantit votre capital (rendement autour de 2 à 3 % en 2026). Les unités de compte sont potentiellement plus performantes sur le long terme, mais sans garantie de capital. La gestion pilotée sécurise progressivement l'épargne à l'approche de la retraite.

PER ou assurance-vie : lequel choisir ?

Les deux sont complémentaires. Le PER est imbattable pour réduire l'impôt pendant la vie active. L'assurance-vie est plus souple (retraits à tout moment) et avantageuse pour la transmission de patrimoine. L'idéal est souvent de combiner les deux selon votre horizon et vos objectifs.

Quels frais faut-il surveiller sur un PER ?

Comparez les frais d'entrée (souvent 0 % en ligne), les frais de gestion annuels (de 0,5 % à 2 % selon les contrats) et les frais d'arbitrage. Sur 20 ans, un écart de 1 % par an sur les frais de gestion peut représenter plusieurs milliers d'euros de capital en moins à la retraite.

Peut-on transférer un ancien PERP ou contrat Madelin vers un PER ?

Oui. Les anciens contrats PERP, Madelin, PERCO ou article 83 peuvent être transférés vers un PER individuel. Le transfert est en principe exonéré de frais si le contrat a plus de 10 ans. C'est souvent l'occasion de centraliser son épargne retraite et de renégocier des frais plus compétitifs.